© Silicone

Siège administratif: 33 rue Leyteire, 33000  Bordeaux

Jacques Julien: Memphis Blue

15 juin -- 23 septembre 2017

1/21

Memphis Blue

 

Cela faisait bien 5 minutes que j’étais là, droit comme un “i” au milieu d’un entrepôt perdu dans un champ de betteraves quelque part en Picardie.
J’observais Jacques Julien assis sur une de ses sculptures se grattant la touffe de cheveux, la tête coincée entre les genoux comme pour dégobiller. Je venais de lui demander s’il avait en stock une oeuvre autour de l’Ovalie, lui l’artiste des ter-rains de sport et des aires de jeu.
Il me répondit en serrant les dents : « Ça fait 15 ans que j’ai arrêté ce genre de productions. » Gloups !
Je pointai quand même du doigt ce qui ressemblait à s’y méprendre à des oeufs d’ Aliens posés sur un paillasson. Pour ma chronique sur l’ Art et le Rugby, ça ferait largement l’affaire.
« Mais, vous vous croyez où ? » rugit-il.
Cette clameur de haro me fit sursauter et je baissai immédiatement le regard conscient de mon impolitesse. Je n’osais plus trop parler.
Jacques avait la réputation d’être un gentil, mais je n’étais pas à l’abri d’une de ces sautes d’humeur fréquentes chez les artistes.Une longue minute s’écoula, puis, se tournant vers moi, il me fit signe de m’approcher. Son geste n’était pas spécialement aimable, plutôt du genre directif. Je m’approchai quand même. Alors que je me demandais quelle tournure al- lait prendre cet entretien, Jacques dégrafa les boutons de mon jean et, tenant mon pantalon à deux mains, le fit glisser le long de mes cuis-ses jusqu’aux genoux.
Le falzar baissé, rouge de honte dans mon slip blanc, je me tenais là, colosse pétrifié au milieu de son parc de sculptures miniatures… Puis il tira d’un geste sec et rapide sur ma culotte et m’ allongea sur ses genoux.
Commença alors un long silence régulièrement entrecoupé par le bruit étouffé de claques sur mon cul.
Je voyais sur le mur l’ombre d’un traversin s’élever et s’abattre sur mes fesses m’arrachant systématiquement le même cri de douleur.
Je ne sais pas combien de temps dura cette déculottée, mais il mit tellement de coeur à l’ouvrage que le polochon finit par exploser.
C’est au milieu d’une pluie de plumes que me revint cette phrase de mon prof d’histoire de l’ art : « Les artistes sont comme des kleenex, si on veut s’en servir mieux vaut ne jamais les froisser. »

LA IIIe NARINE !